Question d'actualité sur le bulletion de l'IEOM

Publié le par Jean-Christophe BOUISSOU

Question d’actualité  

à

Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances

L’Institut d’Emission d’Outre-mer (IEOM) a récemment publié son bulletin trimestriel de conjoncture économique concernant le troisième trimestre 2005 en la Polynésie française et dresse un bilan préoccupant de l’activité économique.

 

Il indique : « Le climat des affaires s’est dégradé au deuxième trimestre 2005, sauf dans le secteur primaire qui a joui de conditions météorologiques favorables. Les entreprises ont eu tendance à restreindre leurs effectifs (…). Leur trésorerie est restée en deçà de l’équilibre, grevée par la conjonction de prix bas et de retards dans les règlements de la clientèle. (…) Leur situation de trésorerie pourrait continuer à se détériorer à cause de la faiblesse persistante des prix de vente et malgré le raccourcissement des délais de paiement des clients 

 

Les responsables économiques sondés lors de l’enquête, n’ont pas émis de prévisions plus optimistes pour le troisième trimestre. (…)».

 

Son analyse secteur par secteur indique que :

 

·         « la reprise du BTP, ressentie au cours du premier trimestre 2005, s’est éteinte au deuxième. La commande publique, un de ses moteurs, s’est avérée trop faible : les appels d’offre sur les 6 premiers mois de l’année ne représentaient qu’un quart de ceux de 2004 » ;

 

·         l’activité dans l’industrie « pourrait se dégrader au troisième trimestre » ;

 

·         « les mauvaises performances du tourisme se sont accentuées » ;

 

·         en dehors de l’agro-alimentaire, aucun secteur économique n’envisage d’investir dans les 12 prochains mois.

 

Il note enfin que l’emploi « a reculé par rapport au dernier trimestre 2004 ».

 

L’Institut d’Emission d’Outre-mer décrit, en toute objectivité et transparence, sur la foi de données économiques officielles, une situation de stagnation et de début de récession économique.

 

On constate que, depuis 2 ans, la Polynésie française ne crée pas d’emplois nouveaux.

 

Croissance démographique oblige, aux 8.500 chômeurs déclarés alors, sont venus s’ajouter 5.000 jeunes, sortis du système scolaire ou de formation et en âge de travailler.

 

Dans le même temps, la population en activité a stagné. Aussi, le taux de chômage est passé en deux ans de 11.7% à près de 20% de la population active.

 

Votre Gouvernement est aujourd’hui aux affaires et c’est à lui et à nul autre qu’il appartient de prendre les mesures nécessaires pour éviter la récession qui nous tend les bras.

 

Compte tenu de cette situation, vous voudrez bien indiquer à notre Assemblée les mesures que le Gouvernement entend mettre en œuvre immédiatement pour relancer l’économie et donner un emploi à nos jeunes.

 

Notre Assemblée ne saurait bien évidemment entendre que le remplacement des DIJ par des CEPIA va permettre d’absorber le flot des 2.500 jeunes qui arrivent tous les ans sur le marché de l’emploi ou donner un emploi aux 14.500 chômeurs.

 

Nous voulons ici des réponses claires et concrètes. Quels secteurs d’activité seront développés en 2006? Comment seront-ils développés ? Combien et quand vont-ils rapporter à l’économie polynésienne ? Combien d’emplois nouveaux le développement de chacun des secteurs va-t-il créer ?

 

Et, vous voudrez bien répondre clairement à la question suivante :

 

Avez-vous conscience que les déclarations indépendantistes du Président du Pays, en contradiction avec ses engagements politiques de mettre cette question de côté pendant le temps de son mandat, sont de nature à rendre méfiant les investisseurs, à retarder, réduire ou supprimer leurs investissements en Polynésie française et nuisent donc directement à notre développement économique ?

 

Jean-Christophe BOUISSOU

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Publié dans Archives RAUTAHI 2005

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