La PSG a besoin d'un financement pérenne

Publié le par Emma ALGAN

Lors du Débat d'Orientation Budgétaire, Mme Emma ALGAN a insisté sur l'importance de trouver un financement pérenne pour combler le déficit de la Protection Sociale Généralisée.

Après avoir exposé les choix qui s'offraient à notre pays, selon la conjoncture économique et les temps difficiles, la représentante du groupe Ia Ora Te Fenua, a fait un appel pour une politique déterminée et forte qui doit être assumée par les instances dirigeantes et surtout, une politique qui ne doit pas céder à des alternatives démagogiques :

L'intervention de la Vice présidente de Rautahi fut  emprunte de ses préocupations sur la précarité des familles polynésiennes suite aux nombreuses pertes d'emplois, avec l'obligation de trouver une solution pour les 15 années à venir, par un financement pérenne, quel qu'il soit; ce discours a été accueilli favorablement par les représentants de la majorité. Nous vous le transmettons ci-dessous:

Monsieur le Président de l’Assemblée de Polynésie Française

Monsieur le Président de la Polynésie Française ;

Mesdames et Messieurs les ministres ;

Mesdames et messieurs les représentants ;

Mesdames, Messieurs, chers internautes, Ia ora na,

 

 « Quelle protection sociale proposerons-nous demain à notre population? »


Deux choix s’imposent :

-          Soit nous supprimons purement et simplement la Protection Sociale Généralisée. Pour mémoire, il suffit de faire un bond de 20, 30 ans en arrière. Il y a 30 ans de cela, les Polynésiens n’étaient pas égaux devant les soins, ils étaient obligés de demander un certificat d’indigence aux maires. Les plus démunis étaient contraints de solliciter un certificat d’indigence qui était à la charge des communes: outre la lourdeur administrative et l’inégalité devant le droit à être soigné dignement, ce système archaïque serait une régression terrible pour notre pays.


-
         
Soit, motivés par un courage et une volonté politique forte et pragmatique, nous décidons d’améliorer le système de protection actuel en proposant des réformes structurelles et notamment, des sources sûres de financement : vendre un avion pour combler un déficit est un geste fort, mais c’est une solution ponctuelle qui ne s’inscrit pas dans la durée : l’urgence et le long terme, la pérennité du financement de la CPS, voilà l’objectif de la réforme.


Aucun politique ici présent, et même parmi la société civile, ne s’opposerait au maintien de ce deuxième choix. Et c’est un financement dans la durée de notre système de Protection social que le gouvernement doit défendre dès aujourd’hui. Il faut oser endosser la Réforme de la Protection Sociale Généralisée, surtout devant autant de contestations, surtout devant si peu de propositions.
 


Mesurez, chers élus, l’urgence de la situation puisque dans le Collectif 3, le pays a choisi d’affecter au RSPF les 4 taxes existantes concernant le tabac et l’alcool, et ceci pour garantir le paiement des prestations au dernier trimestre de l’année 2009 pour les plus démunis : les allocations familiales, le minimum vieillesse pour les personnes âgées, les allocations pour nos personnes handicapées, le financement de tous les établissements d’accueil et d’hébergement des personnes en souffrance, des jeunes ayant subi des maltraitances, les personnes handicapées placées auprès de la fraternité chrétienne… toute cette population est prise en charge par la CPS.


Mais pour ne pas mettre les communes en péril et sous la pression d’une partie de la majorité et de l’opposition (qui ne faisait que jouer son rôle), un rideau de fumée s’est vite abattu sur la précarité sociale des familles les plus démunies et, priorité au FIP, le gouvernement, par la voie de l’assemblée, a engagé de nouveaux emprunts de 2, 8 milliards dont le remboursement rallongera encore la dette du pays.


Mais la précarité des familles est bel et bien concrète, seul un appel à la solidarité peut refreiner le virus de la crise : Le PIB a reculé de 4, 3% et les habitants de la Polynésie française ont subi de plein fouet des pertes d’emplois massives ; ce sont autant de personnes qui sont venues grossir les ressortissants du RSPF estimés à 67 000 aujourd’hui.


Dans ces moments difficiles, en l’absence d’allocation chômage, il faut rendre grâce à notre système de protection sociale.


Notre gouvernement est face à un dilemme : La création d’une nouvelle taxe participera à l’inflation, certes. Mais c’est un choix qui demande du courage politique : aussi la véritable solution est de trouver une source de financement pérenne, quelle qu’elle soit. La proposition de la Taxe Intérieure de Solidarité de 1, 5% a été pensée pour combler un déficit et assurer le financement de la CPS dans la durée.


Les deux tiers reviendront directement à la Protection sociale généralisée et le tiers restant reconstituera la capacité d’autofinancement de la Polynésie française, ceci pour lancer de nouveaux grands travaux, pour impulser l’investissement.


Quelles sont les priorités politiques pour 2010, mais aussi pour les 15 années à venir ?


Bien sûr, la facilité un semblant démagogique reviendrait à immédiatement remettre en question la participation du pays dans les SEM ; et il y a, en effet, une part de vérité qui surgit sans cesse mais qu’aucun gouvernement n’a jamais confronté réellement.


Le pays participe considérablement au financement des SEM, pour ne citer qu’ATN à hauteur de 5 milliards ou encore la SOCREDO à hauteur de 11 milliards de francs xpf. Que choisit-on de faire ? Si on ne veut pas de nouvelles taxes, vendons nos liquidités pour ne pas dire « nos bijoux de famille »… Mais avons-nous là une vraie solution ? Est-ce que vendre nos liquidités est une solution dans le long terme ? Bien sûr que non.

 

Vendre l’avion, réduire le nombre de ministère ou les indemnités des représentants, cette démarche a fait son chemin mais elle ne comblera jamais les 9 milliards de déficit de la CPS.


Il faut dire « halte à la démagogie », car nous sommes devant un problème très sérieux qui nécessite une solution très sérieuse, qui demande la solidarité de tous : plus de 60 000 citoyens ont à peine les moyens de subvenir à leurs besoins et ne pourront plus s’offrir des soins décents sans le RSPF.

 


Si la Taxe Intérieure de Solidarité pose problème, quelle que soit la source de financement, il nous faut trouver un financement pérenne. Et surtout, il nous faudra assumer la mesure choisie, par une volonté politique forte et déterminée, ceci pour l’intérêt général et pour l’avenir de notre pays.

 

Je vous remercie de votre attention.


 Mme Emma Algan
3ème Vice présidente de l'assemblée de la Polynésie française
Représentante IA ORA TE FENUA 

Publié dans DISCOURS DES ELUS

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