Punaauia: Papa Pigeon nous reçoit chez lui

Publié le par RAUTAHI

 

 

Papeete, le 14 Septembre 2010

 

                                              Papa pigeon nous reçoit chez lui.

                                                                           

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Ils étaient une vingtaine à braver le mauvais temps qui sévit en ce moment sur notre fenua, répondant à l’invitation de Hiro et Gianna organisateurs du parau parau raa utuafare d’hier soir. Un grand merci à papa Benjamin, alias papa « pigeon » figure bien connue du milieu de la musique et son épouse qui ont souhaité recevoir l’équipe de Rautahi et les invités du quartier au sein de leur maisonnée.

 

Nous étions hier soir à Punaauia, quartier Bennett.

 

Cette réunion s’inscrit dans l’esprit des rencontres décidées par notre président Jean Christophe BOUISSOU. Fort sympathique au demeurant, respectueux de la tradition qui veut que toute réunion commence par une prière et se termine de la même manière. Une méditation nous invitant à l’humilité.

 

Après la présentation par Emma Algan puis Georges Puchon de la situation politique et économique qui a captivé l’assistance peu habituée par le langage vrai, en particulier sur la question de la crise mondiale qui frappe de plein fouet notre pays aujourd’hui, Jean Christophe s’est lancé dans une explication de la vision politique, économique et scoaile de Rautahi ainsi que dans un plaidoyer argumenté de la défense des spoliés de la politique foncière mise en place par les autorités  depuis le protectorat de 1842. Nos ancêtres avaient une vision paternaliste, non écrite, fondée sur la généalogie des grandes familles composant la société polynésienne de l’époque. L’extension au territoire au cours du 19ème puis du 20ème siècles  des dispositions du Code Civil, en introduisant le principe « inviolable et sacré » du droit de propriété « absolu » (le propriétaire use de la chose comme il l’entend) contenu dans l’article 545 CC qui dit que «nul ne peut être contraint de céder sa propriété si ce n’est pour cause d’utilité publique, et moyennant une juste et préalable indemnité » a eu des conséquences désastreuses dans le domaine foncier. C’est d’ailleurs, nous ne cessons de le répéter, la question la plus controversée et la plus sensible qui domine nos parau parau.

 

Cet article qui introduit également la notion « d’utilité publique » et l’apparition du concept de « domaine publique » a brouillé encore plus l’esprit de nos tupuna totalement fermés à leur corps défendant à ces notions. L’oralité servant de vecteur de transmission au sein de notre communauté, il était indispensable pour les autorités de l’époque qu’elles fussent prises en compte. On sait ce qu’il advint.

 

Ces dispositions ont cependant des dérogations ; Il est utile de rappeler ici que cette exception de constitutionalité du Code Civil s’applique aux français habitants de Mayotte, de la Nouvelle Calédonie et de Wallis et Futuna qui, en vertu de l’article 75 de la Constitution de 1958, n’ont pas opté pour le statut de droit commun et qui possèdent le statut civil coutumier.

 

Ce discours particulièrement percutant du président en a surpris plus d’un. L’assistance a apprécié et souhaitée qu’une autre réunion traitant exclusivement du foncier soit organisée dans les jours qui viennent à l’image de ce qui a été fait à Te Ara Here (voir l’article « le problème foncier sur le site RAUTAHI publié le 24 09 2010).

 

Rendez-vous est donc pris. A bientôt et merci à Hiro, Gianna, papa Pigeon et Madame.

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