Sur le chemin du renouveau, à Faa'a.

Publié le par RAUTAHI

 

 

 

 Faa’a /Teroma 1, le 20 Septembre 2010

 

                                                     Le chemin du renouveau SEPTEMBRE-2010-0154.JPG

C’est chez papa Mapu et son épouse mama Rosita, que Jean-Christophe Bouissou et l’équipe de Rautahi ont posé leur cartable lundi soir 20 septembre. Plusieurs dizaines  de personnes ont répondu à l’appel de Moana, organisateur de la soirée, accompagné de la famille ARAI réputée dans le domaine de la musique à l’image de celui bien connu du monde du théâtre et de la musique polynésienne, l’inénarrable Yvon ARAI.

 

Ce fut d’ailleurs le point d’ancrage du discours tenu par papa Mapu figure emblématique des ARAI grande famille éparpillée dans nombre d’îles de notre immense territoire. Le sujet central de son intervention encore et toujours le foncier. Remontant à l’époque de la reine Pomare IV, il a dénoncé le comportement des autorités à passer outre les décisions arrêtées par le plus haut dignitaire du pays. Ses toohitu (conseil des sages) ont été écartés ou ignorés. Il conviendrait, selon papa Mapu, que les autorités actuelles du pays réétudient cette question des toohitu. Il informe Jean Christophe BOUISSOU de l’existence de 29 associations s’occupant des problèmes fonciers et invite une personnalité désignée de Rautahi à une grande réunion qui se tiendra le 9 octobre à Teroma1. Mme Nina Vernaudon vice-présidente du parti nous y représentera.

 

Notre président, en réponse, rappelle les conditions dans lesquelles la question foncière est au centre de toutes les conversations dans les familles. La précipitation, l’impréparation, l‘ignorance des coutumes locales basées sur la notion de bien commun au sein de chaque entité familiale, d’où l’importance prise aujourd’hui par l’étude de la généalogie des grandes familles, constitue le fondement de la propriété collective telle qu’imaginée par nos tupuna (anciens). En introduisant les dispositions du Code Civil relatives à la propriété individuelle et la prééminence du droit commun, c’est tout un pan du droit coutumier local qui a été de facto, écarté. Par ailleurs la répugnance des anciens pour l’écrit a ajouté à la confusion et au bouleversement des esprits. Ainsi la procédure des tomite (déclaration de propriétés) mis en place par les autorités de l’époque n’a pas connu le succès espéré. Quatre vingt pour cent des terres en indivision perpétuée sur plusieurs générations (cf René Calinaud, Autonomie juridique et droit foncier). Tout le problème est là !

 

Toutefois, Jean Christophe BOUISSOU ne baissera pas les bras. Il mettra son expérience au service de nos concitoyens pour jeter les bases d’une approche nouvelle et dynamique de la question du foncier. Des pistes doivent être privilégiées. Elles peuvent se décliner de la manière suivante :

 

·         Privilégier le traitement des dossiers en recourant aux recommandations de la Commission de Conciliation Obligatoire en Matière Foncière de la Polynésie française (CCOMF) instituée par la loi 96-609 du 5 juillet 1996( art. 38 § 1 à 11). Toutefois, note le président, cet organisme manque cruellement de juristes ayant une bonne connaissance du traitement des affaires foncières qui présentent dans notre fenua des « traits originaux et des difficultés particulières » (cf René Calinaud, conseiller honoraire, Président de la CCOMF ; Gérald Coppenrath La terre à tahiti et dans les îles, histoire de la réglementation foncière aux éditions Haere PoPapeete, 2003) ;

 

·         Saisie de la juridiction civile (tribunal foncier) en cas de désaccord ;

 

·         Application de la règle majoritaire en sortie d’indivision et abandon de celle de l’unanimité.

 

Ces informations d’une grande portée pédagogique ont été appréciées par les ARAI qui, par la voix de papa Mapu a remercié RAUTAHI et son président.

 

Deuxième problème soulevé par papa Basile cette fois. La question des loyers du lotissement Teroma 2. Une association regroupant les habitants des logements de ce lotissement réclame une révision à la baisse du montant des loyers qui ont atteint des niveaux incompatibles avec leurs facultés contributives.

 

Sur ce point, Jean Christophe BOUISSOU a fait part à papa Basile que cette question avait été abordée dans un précédent parau parau utuafare chez mama Titaina VANE (cf CR du 25 août 2010). Il faut croire, ajoute t’il non sans satisfaction, que c’est sans nul doute grâce à RAUTAHI qui avait diffusé l’information sur Taui FM que l’OPH s’est réunie en urgence pour réétudier l’étalement et la baisse des loyers. Une bonne nouvelle pour Teroma 2. Un encouragement pour le parti à poursuivre l’expérience des parau parau utuafare.

 

Autre intervention, celle de papa Basinas, jeune homme originaire des Tuamotu, qui s’est lancé dans un réquisitoire musclé contre la politique d’attribution des logements sociaux du temps où Jean Christophe était ministre des affaires foncières. La personnalisation du sujet abordé a été l’occasion pour notre président de rappeler que l’attribution des logements était faite dans le respect des règles applicables en la matière et que sous son mandat il ne s’est jamais fourvoyé dans le favoritisme qui a prévalu en d’autres temps. Il a regretté toutefois que ce type de débat repose pour une certaine frange de la population et des responsables politiques d’accointances sur des visées électoralistes au détriment des questions de fond.

 

SEPTEMBRE-2010-0157.JPGSEPTEMBRE-2010-0156.JPGLa réunion s’est terminée dans un sentiment partagé de satisfaction. Les accolades et la photo souvenir témoignent d’un tenue de réunion à la hauteur des espérances. Rautahi a réalisé un pas supplémentaire vers le renouveau de la classe politique polynésienne.

 

 

 

 

 

Demain calendrier oblige, pas de réunion. Jean-Christophe Bouissou assistera au dîner organisé par la CGPME en l’honneur de la venue de M. Jean-François Roubaud Président de la CGPME France.

 

Mercredi nous serons à Mataiea chez mama Evelyne en compagnie de ses amis. Vous êtes tous les bienvenus. 

 

 

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