Voeux du Président de RAUTAHI pour la nouvelle année 2012

Publié le par RAUTAHI

Les vœux de Jean-Christophe BOUISSOU,

Président de RAUTAHI

Pour 2012

 

Polynésiens, Polynésiennes

Mes très chers concitoyens !

A la veille des célébrations de Noël et dans la perspective du passage à la Nouvelle Année 2012, je souhaitais vous adresser au nom de RAUTAHI, parti politique que j’ai l’honneur de conduire, mes meilleurs vœux de bonheur, de santé, de prospérité  et de réussite professionnelle pour chacune et chacun d’entre vous, sans oublier d’associer celles et ceux qui vous sont proches.

Malgré les nombreuses difficultés auxquelles nous sommes confrontés au quotidien, permettez-moi de vous faire part d’un message d’espoir, et non de résignation.

Certes, les temps ont changé !

Face à la crise économique, sociale et budgétaire qui sévit comme jamais jusqu’à présent, notre Pays est à la croisée des chemins. Plus que jamais, il est temps de se remettre en cause. Et d’une manière générale, l’assistanat doit laisser la place à l’initiative individuelle. Car je suis intimement convaincu qu’il existe, chez nous, des énergies et des bonnes volontés, prêtes à se mobiliser, pour le bien commun de notre collectivité.

En attendant, le mal est profond et n’en doutons pas, il va encore s’aggraver. Comment ?

Au travers le manque d’emplois, tout d’abord. Entre les destructions de postes et l’absence de créations nouvelles par les entreprises privées, au cours des trois dernières années, on estime à environ 10 000 le nombre d’emploi manquants et donc nécessaires aujourd’hui pour répondre aux attentes de notre population active. C’est considérable ! Malheureusement, il est à craindre que la vague de licenciements s’amplifie dans les mois à venir.

La perte de revenus au sein d’un ménage se traduit généralement par une inscription au régime de Solidarité territoriale, ne serait-ce que pour continuer à bénéficier d’une prise en charge des soins médicaux. C’est le minimum que puisse faire notre système de protection sociale. Mais cette générosité, si l’on peut parler ainsi, à un revers. Aussi, le RSPF pourrait atteindre d’ici à la fin de l’année le chiffre record de 70 000 ressortissants avec les conséquences budgétaires que cela entraîne.

Quant à l’augmentation de la pression fiscale sur les produits de consommation courante et services divers, elle va inéluctablement conduire à un renchérissement du coût de la vie et notamment, du panier de la ménagère. Ce qui signifie d’avantage de difficultés pour se nourrir de manière équilibrée.

Dans ce contexte, chacun de nous forme le vœu que notre Pays se remette debout rapidement mais ce redressement ne doit pas se limiter à un assainissement des comptes publics. La problématique est bien plus vaste. On l’a vu avec le versement de la deuxième tranche de l’Agence française de développement. Les deux milliards n’auront pas suffi à boucher les trous, qu’il fallait déjà songer à une autre rustine… D’autant que les réformes engagées restent très succinctes. A l’instar du dégraissage annoncé dans l’administration territoriale, dont le poids restera finalement à un niveau bien trop élevé par rapport à notre capacité financière pour un résultat à la fois qualitatif et quantitatif qui peut être grandement amélioré.

Mais quid de la relance ! Force est de constater avec regret que nos gouvernants se contentent de gérer le quotidien, à tâtons, sans réelle vision, ni cap clairement défini. A mon sens, tout cela manque cruellement de courage politique. Ne serait-ce que pour prendre le cas de notre compagnie Air Tahiti Nui, dont chacun sait qu’elle est au bord du gouffre, il convient de tout mettre en œuvre - et pas seulement des économies ! - pour qu’elle soit le véritable moteur du développement touristique de nos îles. En tant que membre du conseil d’administration, j’ai personnellement fait des propositions en ce sens.

D’autres secteurs économiques essentiels comme la pêche hauturière, la perliculture, voir l’agriculture, méritent, de la part des décideurs que nous sommes, des initiatives fortes et ambitieuses, pour les soutenir. Il y va de la satisfaction de nos propres besoins de consommation mais il n’est pas interdit de viser les marchés à l’exportation tant elles constituent une source de richesses à l’extérieur.

Mais avant d’atteindre ce stade, il y a un déclic à surmonter, c’est celui de la CONFIANCE.

Pour l’heure, notre destin est étroitement associé à celui de la France et il est impératif de renouer d’étroites relations avec notre partenaire naturel qu’est l’Etat et plus particulièrement le gouvernement central, quelle que soit sa sensibilité politique. Qu’est-ce que l’on attend pour aller à Paris, discuter et négocier une sortie de crise la plus rapide possible ?… Ce qui n’exclut pas, parallèlement, de tisser d’autres liens à l’échelle régionale et même au-delà.

Sans aller aussi loin, les principaux acteurs économiques du fenua ont tout autant besoin d’être rassurés. Il faut leur redonner le goût, et l’envie surtout, d’investir dans notre Pays plutôt que de devoir, bien malgré eux, exiler leurs capitaux à l’étranger. Aussi, ce n’est pas par la contrainte, et encore moins par une taxation aveugle au nom d’une prétendue justice fiscale, qu’ils miseront à nouveau dans le « Made in Tahiti » mais par la restauration d’un dialogue franc et constant avec eux.

Autre catégorie de la population en laquelle je nourris beaucoup d’espoir, c’est celle des étudiants. Qu’ils poursuivent leur cursus scolaire ici, sur les hauteurs d’Outumaoro, en métropole ou bien, à l’étranger. Ils sont porteurs d’un trésor inestimable, c’est toute la matière grise acquise après des années d’étude et dont nous avons tant besoin pour composer l’élite de demain.

Partant de là, je veux croire en un rassemblement des forces de progrès pour reconstruire notre Polynésie. Cette génération d’hommes et de femmes, capables et volontaires dans l’action, je l’appelle personnellement de tous mes vœux. Puisse t’elle se dégager à l’occasion des prochaines échéances électorales pour qu’ensemble, forte d’une majorité de Polynésiens, elle soit en mesure de mettre un terme à une période d’instabilité politique et de gâchis généralisé qui n’a que trop duré.

Ce regroupement devra se faire autour d’un certain nombre de valeurs que sont le travail, la compétence et le souci du partage des fruits de la croissance, une fois que celle-ci sera retrouvée.

Je ne vous mentirai pas en affirmant, sans trop me tromper, que le chemin du renouveau sera long et semé d’embûches. Oui, des sacrifices nous attendent. Ils doivent être consentis par tous, sans exception. Mais cette rigueur imposée doit avoir un sens, un but qu’il nous reste à définir tous ensemble. Avec une question fondamentale : dans quel type de société voulons-nous vivre demain ?

Dans cette attente, je vous renouvelle à toutes et à tous mes vœux de joyeux Noël et de bonne et heureuse année 2012.

Ia Oaoa i teie Noera e te matahiti api 2012 o te fa mai nei.

 

 

Jean-Christophe BOUISSOU

 

 

Publié dans Communiqués de presse

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