Interview de Jean-Christophe Bouissou (II)

Publié le par sar

Micaël : Vous avez eu des contacts, hormis les élus de Rautahi à l’APF, avec

d’autres élus To Tatou Ai’a qui sont intéressés par cette démarche ?

 


Jean-Christophe Bouissou :
« Oui, bien sûr, j’ai discuté avec d’autres partenaires de To Tatou Ai’a. Je crois qu’au fond, nous faisons tous la même analyse, évidemment sauf ceux qui se sentent visés par mes propos. Maintenant, c’est sur les moyens.

 

Et je crois qu’il faut être courageux ; il faut arrêter d’être agrippé à son siège. Vous voyez, ces prérogatives, etc. Je présume que des ministres du Gvt se posent des questions existentialistes ; qu’est-ce que je deviendrai demain, dans un futur Gvt ? C’est clair qu’on ne pourra pas mettre tout le monde. Certains tirent des plans sur la comète : qu’est-ce que, tel ou tel parti politique pourra tirer comme avantage de la mise en place de cette nouvelle majorité ? Le problème, pour nous, ne se pose pas de cette manière là.

 

Est-ce que nous sommes d’accord pour ramener la stabilité au Pays ? Si nous sommes d’accord, il n’y a qu’un seul moyen c’est d’ouvrir le débat là-dessus, c’est d’accepter jusqu’à être open, excusez moi d’utiliser un terme anglais mais ça plait bien au maire de Faaa. C-à-d ouvert y compris sur la direction du Pays. Il ne faut pas rester accrocher sur cette question là. »

 

Micaël : Parmi les réactions du côté du To Tatou Ai’a, celle de M. Hiro Tefaarere qui lie vos déclarations à l’actualité judiciaire, et notamment celle à venir concernant l’affaire dite des emplois fictifs. Ça signifie que pour la réunion de ce soir de To Tatou Ai’a il faudra aller avec des protèges dents ?

 

Jean-Christophe Bouissou : « Non ! Je voudrai d’abord dire que je réfute, évidemment, les propos de Hiro Tefaarere. J’ai pratiquement envi de lui poser une question : quelle est la relation entre mon implication lorsque j’étais Pdt de Radio Maohi et que à cette époque-là il y avait des mises à disposition de personnels de la Présidence du Gvt ?

 

Vous voyez, c’est comme une collectivité, une commune par rapport à une association. Bien, je me suis retrouvé à 37 ans Pdt de Radio Maohi. Bien, je vais répondre de ma responsabilité, mais je ne suis pas à l’intérieur de la liste des noms qui doit être débattu à l’APF sur la gestion de fait.

 

Je n’ai rien demandé à l’assemblée en terme, pour statuer sur le fait de rendre d’intérêt public les décisions qui ont été prises à l’époque de mettre à disposition de personnels auprès des maires et auprès des communes. Donc, je vois pas la relation entre ce que souhaite Rautahi et ce débat qui est annoncé, et une protection que je rechercherai. J’ai aucune protection à demander à l’APF, mais par contre, c’est vrai, devant le tribunal civil je répondrai de ma responsabilité de Pdt de Radio Maohi en disant que, écoutez, à l’époque il y avait des conventions qui existaient entre le territoire et l’association. Et lorsque j’étais Pdt, ces conventions avaient déjà cours. Et si on dit aujourd’hui qu’une association n’a pas le droit de pouvoir bénéficier de personnels recrutés par une collectivité, très bien, et j’assumerais ma responsabilité.

 

Mais, il n’y a absolument aucune relation entre cela, le dossier de la gestion de fait de l’APF et le positionnement aujourd’hui justement du à cause d’individus comme Hiro Tefaarere. Tout le monde l’aura compris. Et je crois qu’il se sent visé, finalement, dans les propos que j’ai tenu. Ça ne m’étonne pas, parce que effectivement il est visé ! Et en ce qui concerne ce soir, vous savez, j’irai comme j’ai l’habitude de faire, en expliquant notre position et en demandant, bien sûr, aux partenaires de To Tatou Ai’a de revenir sur les fondamentaux. Est-ce que, finalement, l’engagement que nous avons passé ensemble, le mode de gouvernance que nous avons souhaité ayant fait l’objet d’une signature et d’un engagement de la part de tous, est-ce que tout ça on met à la poubelle ou alors ça a une validité ? C’est la grande question qui est posée. »

 

Micaël : Concernant les relations avec l’Etat français. On a vu que les 2 sénateurs, le Pdt de l’APF ont rencontré récemment le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. L’entretien a été plutôt glacial, il n’y a pas eu de photo à la fin. Vous ne craignez pas que à la faveur de ce nouveau positionnement de Rautahi et cette possibilité de travailler avec l’UDSP vous ayez à subir les foudres du Gvt central ?

 

Jean-Christophe Bouissou : « Non, je ne pense pas. Vous savez, moi j’ai appris comme tout le monde l’appel d’Yves Jégo. A mon avis, si Yves Jégo a appelé à ce que les polynésiens se mettent ensemble et que la classe politique dépose les armes, c’est certainement parce qu’il a eu une concertation au plus haut niveau. Et pourquoi est-ce qu’il y a eu cet appel sinon parce que à la fois le Pdt de la RF et aussi le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer ont une bonne lecture de la situation en PF ? Nous sommes dans l’impasse. Et par contre, je n’ai pas pris cette position parce qu’il y a eu cet appel d’Yves Jégo, je voudrai que ce soit clair.

 

C’est notre réflexion à Rautahi, c’est notre lecture depuis que nous vivons dans cette majorité. Je ne peux pas, en ce qui me concerne et en tant que Pdt de groupe majoritaire à l’APF, entre guillemet majoritaire, nous présenter ce budget pour 2009 dans les conditions actuelles.

 

Je crois qu’il faut que ça soit clair entre nous. Et pour nous, la seule issue c’est qu’on s’ouvre maintenant, donc qu’on soit moins accroché à nos prérogatives, et jusqu’au plus haut niveau, et qu’on regarde l’intérêt de la population. L’intérêt de la population, aujourd’hui, c’est qu’on se calme. »

 

Micaël : On a vu durant la dernière session extraordinaire que vous étiez régulièrement obligé d’intervenir pour secourir des ministres qui n’étaient pas toujours aux faits de leurs dossiers. Comment est-ce que le budget pourra être étudié et adopté si vous n’étiez plus au sein du groupe To Tatou Ai’a à aider les ministres à présenter leurs dossiers, à les faire adopter face à l’opposition ? Estce que le Gvt ne coure pas au véritable crash ?

 

Jean-Christophe Bouissou : « Oh, je ferai pas ce pas là, parce que nous sommes dans un débat. Je crois qu’il faut attendre au fur et à mesure que les positionnements se fassent. Je ne suis pas en train de me projeter dans une situation disant, voilà c’est fait, vous êtes pas suivis, etc. Donc, je crois vraiment dans la capacité des uns et des autres à se remémorer ce pourquoi nous avons été élus. Et en tout cas, Rautahi est sur cette ligne de conduite. Je vous assure, regardez en fonction de ce que nous prônons maintenant, sur le respect des principes de mode de gouvernance que nous avons mis en avant, est-ce que nous sommes conformes aujourd’hui ? Non ! Donc, il faut se conformer. Est-ce qu’ils seront capables de se conformer ? Là est la question. »

 

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