Question orale au Gouvernement Question à Monsieur le Président du Gouvernement

Publié le par Jean-Christophe BOUISSOU

Les semaines passent et confirment toujours un peu plus le vrai visage du régime Temaru et de ses dérives spectaculaires.

Le journal officiel rend compte partiellement des deniers publics qui sont transférés aux seules communes de la majorité sans que les projets soient ni bouclés, ni mis en œuvre. Le journal officiel rend compte du dépouillement de terrains, propriétés du Pays, au profit de la commune de Faa’a et de quelques partisans du Tavini en récompense de leur opposition passée aux projets de logements sociaux du Gouvernement précédent.

Le journal officiel rend compte que le seul souci du Président c’est de créer une régie d’avance de 600.000 F CFP pour couvrir ses menus frais personnels et ceux de ses amis lors de leurs déplacements…

Le journal officiel rend moins bien compte que le Président Temaru a battu depuis longtemps, et de très loin, le record absolu de déplacements hors du Pays dans un même laps de temps. Et pour quel résultat ?

Plus personne ne parle de la lettre de cadrage du Ministre Baroin qui proposait à votre Gouvernement de déposer vos dossiers techniques et vos demandes de financement au plus tard en juin pour qu’ils puissent être pris en compte pour un financement national en 2007.

Monsieur le Président, avez-vous fait ce travail ? Ou alors, pourquoi ne le faites-vous pas ?

L’achat de voix de représentants par des portefeuilles ministériels pour sauver votre planning de vacances à l’étranger témoigne aussi de votre incapacité à constituer un vrai Gouvernement, à assurer la stabilité institutionnelle préalable nécessaire à l’apaisement des tensions et à la mise en oeuvre d’un vrai développement économique.

Il est vrai que vous n’avez aucun programme économique ou politique autre que celui de l’indépendance.

Aucun nouveau programme de logements sociaux en habitat groupé n’a été lancé depuis 2 ans. La filière pêche est dans une crise profonde et des familles sont au bord de la précarité. L’action sociale du Pays souffre directement des coupes budgétaires que vous avez opérées sur le budget 2006.

Le Pays a connu une inflation record. Le pouvoir d’achat des salariés en a subi un coup direct après les tripatouillages du Te autaeaera’a qui, ils le savent bien, prévoit dans sa deuxième phase pour 2007 encore de nouvelles taxes et encore de nouvelles augmentations des taux de CST sur les salaires.

La population a peut-être la parole plus libérée. Mais que vaut une parole libérée quand les dirigeants sont sourds, imbus de leur propre personne, condescendants et certains de leur supériorité sur la masse populaire.

Dans ce contexte, l’affaire de la « loi Sommers » n’est qu’un épiphénomène.

Mais, elle démontre, encore une fois, que votre idée de la nouvelle gouvernance c’est : « il n’y a pas d’intérêt général, il n’y a que les intérêts particuliers de mes amis ».

Elle démontre que vous confondez « démocratie » et « anarchie », « organisation de l’action publique » et « capharnaüm ». En effet, pouvez-vous expliquer à notre Assemblée comment vous pouvez à la fois soutenir l’amendement à la « loi Sommers » adoptée par votre propre gouvernement à l’instigation du ministre du travail et soutenir le rejet de cet amendement proposé par Eugène Sommers et la majorité UPLD à l’Assemblée ?

Comment enfin, votre Gouvernement peut-il soutenir un amendement sur la représentativité syndicale qui est différent du projet de loi de pays qu’il a lui-même soumis au CESC et transmis à l’Assemblée pour validation ?

En clair, même si nous savons que vous ne suivez la politique polynésienne qu’entre deux voyages, vous situez-vous plutôt dans l’opposition à votre gouvernement ou dans l’opposition à votre majorité ?

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